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Rallye des Îles du Soleil (RIDS) 2010 – 2011
http://ilesdusoleil.eu/
Sur ELANAVEVA
Equipage : Claude, skipper et propriétaire d’Elanaveva, Hood 38 de chez Wauquiez
Philippe
Jean-Pierre
Xavier
Calendrier RIDS 2010 - 2011 :
Rassemblement des bateaux à Madère le 13 octobre.
Départ de Madère le 21 octobre
arrivée à Dakhla le 25 octobre 520 NM
Dakhla Dakar du 1 au 5 novembre 600 NM
la mangrove du Sine Saloun du 10 au 15 novembre
Dakar second séjour du 15 au 19 novembre
Dakar - Sao-Vicente (Cap Vert) du 19 au 22 novembre 440 NM
séjour au Cap Vert du 22 novembre au 3 décembre
départ du Cap Vert le 3 décembre
arrivée prévue à Bahia entre le 18 et le 21 décembre on ne rigole plus : 2000 NM
départ de Salvador de Bahia le 22 janvier pour Joao Pessoa 450 NM
départ de Joao Pessoa pour Fernando de Noronha le 1er février 240 NM
départ de Fernando pour Fortaleza le 8 février 360 NM
départ de Fortaleza pour Soure le 17 février 670 NM
ensuite c'est Belem et l'Amazone....
Fin à Afua, delta de l’Amazone le 25 avri 2011.
dimanche 8 août 2010
Extrait du blog de Claude :
08 août 2010
Appareillage en principe prévu mardi. Demain ce sont les courses pour l'avitaillement. Mais il reste quelques détails à régler notamment une pompe de cale défaillante, une fuite minime mais énervante de gazole sur le moteur et une fuite au chauffe-eau. Il faut que tout soit réparé avant demain soir, sinon le départ sera encore reporté au moins au week end prochain car le mistral se lève fort jeudi et il me faut 2 jours pour rejoindre les Baléares, notre première étape, et je veux avoir traversé avant que le vent fort n'arrive.
Je vous tiens au courant...
« Le grand départ d'Elanaveva est prévu mardi 10 en milieu de journée
Amitiés à toutes et à tous
Claude G »
Mail de Claude. Qui tient à partir au plus tard mardi pour les Baléares et le sud de l’Espagne car un vent de N-W à 30 nds est annoncé dans le Golfe du Lyon pour vendredi.
Il y a quelques jours il est allé à Menton chez son ami Jean-Claude le boulanger pour apprendre à faire le pain sur le bateau pendant la traversée. Il est revenu avec un stock de farine. Aujourd’hui, bonne nouvelle: un ami lui prête un génois. Le génois actuel arrive en bout de course et il n’y avait à bord qu’un génois léger de secours. L’investissement dans un génois neuf était impossible après les très nombreux travaux de préparation du bateau depuis 6 mois. Des matelas de cockpit tous neufs ont été livrés avec 4 dossiers, cadeaux de donateurs dans l’entourage de Claude. Appréciable pour le confort en longue traversée et en extérieur sous les tropiques. Le bimini a été complété par un pan vertical latéral dont la nécessité s’était faite sentir lors de la croisière en Corse du mois de juillet.
Claude et Aline, Jean-Pierre et Evelyne embarquent pour les Baléares, l’Espagne sud, Gibraltar. Le 15 septembre, Aline et Evelyne reprennent l’avion, et Philippe et Xavier rejoignent le bateau à Tanger par Rayanair, au départ de Marseille.
Puis c’est c’est l’appareillage pour Madère, le port de Quinta do Lordo, à l’extrême est de l’île, point de départ du RIDS.
Tout a commencé lors d’un congrès de cardiologie à Stockholm en 2006 où j’ai fait la connaissance d’une équipe de cardiologues du Var, dont Claude G
, et Jean-Paul R. Octobre 2008, invité à un dernier congrès cardiologique à Nice avant ma retraite le 31 décembre, je rencontre Jean-Paul qui me fait part du projet de Claude de participer au RIDS 2010-2011. Claude cherche à composer un équipage. Contact immédiat, nous convenons d’un w-e de navigation le 11 novembre 2008 à Bandol, en duo Claude et moi-même : temps calme, doux, mouillage dans la calanque d’En-Vau. Le projet se confirme, l’équipage sera composé de Claude, Philippe, Jean-Pierre et moi-même.
Fin janvier 2009 à Bandol sur Elanaveva je fais la connaissance de Philippe et Nicole .
Philippe me propose de venir naviguer avec Nicole et lui sur son bateau basé en Turquie à Marmaris, au mois de juillet. Je fais donc 3 semaines de navigation sur les côtes turques en juillet 2009sur « Philco » Océanis 380 : magnifique souvenir, et une occasion de faire connaissance et de s’apprécier.
Les 15 et 16 mai 2009. Réunion d’information du CO du RIDS à Paris, pour les participants 2009-2010, mais Claude et moi y allons avec un an d'avance pour anticiper, nous recueillerons des infos précieuses pour la préparation du bateau, mais aussi Claude prend la mesure de l'ampleur des modifications, réparations, aménagements qui vont s'avérer indispensables. Nous y retournerons bien sûr en 2010.
Du 21 au 24 maisortie sur Elanaveva, avec Valérie A et son compagnon : Bandol, Carqueiranne, Port du Niel au pied de la maison de Philippe.
Nous nous retrouverons plusieurs fois, dont une sortie côtière en octobre 2009 à Porquerolles, Port-Cros, avec équipage au complet, qui mettra en évidence des problèmes mécaniques et surtout électriques à résoudre pour la préparation du bateau. C’est en fait un gros chantier qui s’ouvre début 2010, et qui s’achève avec le carénage de Elanaveva début mai, où nous participons tous, en particulier à la reprise de l’antifolling.
les 4 et 5 juin réunion préparatoire du RIDS 2010-2011 à Paris.
Le 30 juin Claude fête son départ à la retraite, libéré pour l'aventure.
Jeudi 8 juillet 2010, première grande sortie en mer pour le bateau réaménagé: Claude, Aline et Xavier de Bandol à Cargèse, en Corse, remontée à St-Florent et retour vers Cannes et Bandol le 23 juillet: bilan satisfaisant, sauf quelques petits problèmes signalés par Claude dans son blog, ci-dessus.
En fait croisière en escadre, l’autre bateau « Dabola » avec Jean-Pierre, équipier pour la traversée, son propriétaire, Evelyne et 2 équipiers Yves, et François, particulièrement dynamiques et bout-en-train et très bons pêcheurs.
Extraits du blog de Claude :
10 août 2010
Partira? Partira pas?
Hier ce fut la course, et les courses. Pas facile de faire rentrer l'équivalent de deux ou trois caddies pleins dans un espace limité.
Le fuite de gazole est réparée.
La pompe de cale défaillante est démontée, le problème est qu'hier nous n'en pas trouvé une de disponible chez les shipchandlers. Il faut la commander. Je vais courir dans d'autres magasins ce matin pour essayer d'en trouver une. Si je la trouve, elle sera remontée très rapidement et l'appareillage se fera dans la foulée, sinon, il sera reporté jusqu'au week-end prochain compte tenu des prévisions météo. Nous devons être dans un bon abri dès jeudi midi.
10 août 2010
Les pièces de rechange de la pompe de cale n'arriveront que jeudi.
L'appareillage est donc reporté. Tout sera prêt jeudi soir, mais le temps ne permettra pas de larguer les amarres avant dimanche ou lundi au plus tôt.
13 août 2010
Vivement le départ!!!
Tous ces contretemps, même si les causes sont bénignes, commencent à impatienter l'équipage.
Les cales sont pleines et Elanaveva voit sa flottaison s'enfoncer de quelques centimètres. La nouvelle pompe de cale fonctionne, encore un peu de rangement, des affaires inutiles à débarquer pour faire la place aux affaires utiles (c'est fou ce qu'on peut entasser sur un voilier de
38 pieds
, mais c'est aussi fou la façon dont il faut gérer la place de chaque chose).
Je n'ose pas annoncer les prévisions pour l'appareillage, vu les reports déjà annoncés. Allez. J'ose quand même? Disons samedi, demain, en début d'après midi.
En cas de nouveau report, merci de m'apporter des anti-dépresseurs. Une cause de report possible : cette nuit va se développer un axe orageux virulent du golfe de Valence au golfe de Gênes. Je ne pars pas tant qu'il est actif, les orages en mer sont une des mes grandes terreurs.
Je vous tiens au courant, promis.
14 août 2010
Les trois zones concernées par notre première traversée (Provence, Lion et Minorque) sont encore en alerte orageuse avec des vents forts et une mer passant d'agitée à forte en soirée.
Il semblerait qu'un départ demain matin soit pertinent.
Conférence d'équipage tout à l'heure et décision à suivre...
15 août 2010
Ce midi nous avons appareillé sous les adieux des amis.
La jetée à peine passée, panne de moteur : la vanne de sortie du préfiltre à gazole était fermée.
Retour au port pour être dans des conditions confortables pour les opérations de réamorçage, avec l'idée de repartir dans la foulée.
Cet incident a en fait été salutaire. Les prévisions météo ont évolué très vite dans le mauvais sens avec le creusement rapide d'une dépression dans le golfe de Gènes. Mistral 6 à 7 dès ce soir entre continent et Corse. Rien de dramatique mais nous sommes mieux au port.
Pas de départ possible avant mercredi au plus tôt.
Effectivement la météo s’est avérée épouvantable, Ferries Corse-continent déroutés, etc.
Ajourd’hui mercredi 18 août les prévisions météo sur Windfinder sont optimales et ce pour 1 semaine. Elanaveva devrait donc appareiller. Autant il faut bien gérer la météo une fois en mer, autant il faut être prudent avant le départ. Claude a raison.
Arrivée à Tanger
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Mercredi 15 septembre
C’est le départ !!
10h 45 TGV Valence-Marseille St-Charles puis navette pour Marignane. Je retrouve Philippe. Raynair : enregistrement simple et rapide, contrôle des bagages rapide jusqu’à un bouchon : la foule se tasse et monte et descend les escaliers, serpente dans les chicanes, piétinement pendant 1 heure jusqu’à 2 policiers qui contrôlent les papiers, sans trop se presser, sans doute pour bien montrer leur effectif insuffisant, l’un sort régulièrement pour faire reculer les passagers derrière la ligne jaune !! enfin départ avec 1 heure de retard.
ATanger, il y a 8 policiers pour vérifier les papiers, en quelques minutes tout le monde est sorti.
A l’arrivée, à peine sommes-nous au pied de l’avion, les passagers du vol suivant montent à bord, parmi eux probablement Aline et Evelyne. JP nous attend et le taxi qui a attendu là 1 h aussi. Une mercedes brinquebalante qui slalome dans la circulation du soir. Des barres d’immeubles en construction qui poussent partout. Le taxi nous dépose à l’entr ée du port, 100 m en annexe et Claude nous accueille. Elanaveva est amarré à couple avec un chalutier. En fait pas de port de plaisance, mais un port de pêche, où quelques voiliers essaient de trouver leur place jamais définitive.
Le ramadan est fini, le vent se calme, les chalutiers prévoient de partir en pleine nuit, on ne peut rester là : manœuvre dans le noir pour se déplacer , on se met à couple d’un voilier hollandais, lui-même à couple … de la vedette de sauvetage en mer !!
Au bout d’une heure, un quidam commence à vociférer, Claude sort, discussion animée en anglais « il faut partir tout de suite ». Claude « nous partons demain, je ne bouge pas ! sauf si la police me rend nos passeports… etc » atmosphère tendue. Puis tout se calme. Un moment après quelqu’un de plus officiel arrive et Claude explique : les pêcheurs qui partent cette nuit, les passeports, etc… rendez-vous est pris à la capitainerie pour midi, et départ prévu dans l’après-midi. Le soufflet retombe. Apéro, repas, et discussion tard dans la douceur de la nuit.
A l’arrivée le temps était couvert avec du vent, dans la nuit il pleut.
Tanger( suite)
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16 septembre
8h du matin. Philippe passe la tête dehors : « on part avec le bateau d’à-côté !!! ». effectivement la vedette de sauvetage a largé les amarres qui retenait le hollandais d’à-côté, sans avertir et nos 2 bateaux dérivent à couple vers les chalutiers d’en-face. Manœuvres en catastrophe, moteur, amarres larguées et sans rien toucher on va se remettre à couple avec un chalutier qui ne part qu’après demain. On est les errants du port de Tanger. Les voiliers sont réellement indésirables dans ce port.

Il fait gris, et lourd, il pleut. On part visiter la ville avec JP et Philippe, courses dans la casba.

Philippe nous offre un thé à la menthe dans un café où on se croirait dans le film « un thé au Sahara » d'après Paul Bowles.



Avant on passe à la police du port avec Philippe pour faire notre sortie du Maroc : on se fait engueuler : « vous deviez venir immédiatement hier soir ». Il nous prend nos passeport jusqu’au départ et pour faire faire un reçu. 20mn après il revient et nous tend nos passeport : « allez gardez- les » Il a dû se faire envoyer sur les roses par son collègue qui ne voulait pas faire les reçus pour quelques heures !!
En fin d'après_midi nous largons les amarres pour Cadix, puis route vers Madère
Tanger - Cadix
Préparatifs de départ de Tanger. Les courses faites. La Wifi au Royal Yatch Club.

Le policier des frontières nous a demandé de venir chercher les passeports juste avant le départ, il y a toujours quelqu’un. Lorsque nous arrivons il n’y a personne, le planton fait venir sur place le policier de service, furieux d’être dérangé, qui nous incendie, nous disant qu’il fallait prévenir, que c’est un port de pêche, que les voiliers n’ont pas leur place ici, etc. on se fait tous petits et obséquieux devant ce pouvoir jusqu’à ce qu’il nous remette les documents et le tampon de sortie pour Philippe et pour moi et que l’on puisse partir au plus vite. De l’avis général le port de Tanger est à éviter. Contact détestable avec les autorités du port et de la police du port. Je trouve que la ville de Tanger, elle-même n’est pas sensationnelle, déception à la visite de l’ancien centre ville colonial et de la place du cinéma Rif. Par contre excellent thé à la menthe au « Tangis ».
18h on se défait des 3 autres voiliers venus se mettre à couple avec nous et route vers Cadix. Le ciel est orageux, il a plu quelques gouttes par intermittence toute la journée, lourd et 83% d’humidité.


Des lumières superbes de ciel tourmenté orageux de fin de journée. A quelques milles les éclairs commencent à apparaître au sud. La météo n’avait pas du tout prévu cela, on attendait un petit vent puis calme et moteur pour la nuit. Ca a été tout le contraire, dans la nuit le vent à forci, réduction de la voilure, mer houleuse, puis les éclairs nous ont littéralement cernés pendant toute la nuit, grosses averses en milieu de nuit. Nuit éclairée pendant environ 2 heures par des éclairs en continu de toutes parts. Un peu terrifiant notre mat étant le seul paratonnerre à des milles à la ronde, la destruction de l’électronique de bord est une réelle angoisse. On alterne pluie, vent et calmes qui font remettre en marche le moteur par intermittence.


Au petit matin les éclairs sont toujours là sur tout l’horizon mais les choses se calment. La lumière de la côte sont proches, les feux et phares de toutes sortes nous guident vers l’entrée du port de Cadix, le jour se lève vers 7 h quand nous approchons,

des bateaux de toutes sortes convergent vers cet « entonnoir », des chalutiers suivis par un nuage de goélands, un paquebot de touristes italien, bâtiments militaires.
La marina de Cadix est pleine, on nous dirige vers la marina de Porto Sherry à quelques milles au nord, marina récente, avec tout le confort et les commerces souhaités et un peu de calme et de sommeil à récupérer pendant 24h. il fait gris quelques gouttes, doux.
Pour la première étape du parcours ça a été le baptême du feu.
Cadix
Samedi 18 septembre
A la marina. Journée prévue à Cadix, Claude préfère rester au bateau. Cadix est à quelques milles d’ici, à 10h Philippe, JP et moi partons à pied pour 4 km jusqu’à l’embarcadère de la navette qui assure une rotation pour Cadix toutes les 20 mn.

Temps doux, quelques cumulus de beau temps. C’est samedi et les voiliers sortent en masse du port de Cadix.

Arrivée sur le port au fond de la presqu’île avec en fond la cathédrale, un passage au bureau du tourisme pour un plan de la ville et nous entrons dans ces rues rectilignes, à angle droit, mais très charmantes,

des balcons en bois, des couleurs pastel, de la pierre blonde. Ambiance très agréable. Une petite faim nous amène dans un premier bar à tapas, il y en aura 2 autres sur notre chemin…pour comparer.



Les jambons qui sèchent au plafond, des assiettes de charcuterie délicieuse, une ambiance vraiment agréable.

Le clou de la visite de la ville c’est la place de la cathédrale avec sa superbe façade baroque,

en face les terrasses de café aux parasols contre des façades blanches et quelques palmiers. Cette place a un charme prenant. Sur les marches de la cathédrale un clochard bien imbibé mais qui entre 2 goulées de vin nous fait des tours de prestidigitation pour avoir la pièce.


On déambule jusqu’au front de mer, derrière la cathédrale et retour. A 17 h on reprend la navette, on reste en contact avec Claude au bateau par la VHF portable. Il nous a mitonné un repas lentilles-charcuterie pour le soir après s’être bien occupé à ranger le bateau.

Le soir point wifi à l’hôtel d’en-face. Bricolage : Philippe recoud le bimini arraché par le vent l’autre nuit, JP ressoude un contact d’un néon, ils simulent un combat à l’arme blanche !!
Demain dimanche 19 est prévu le départ pour Bonanza à l’embouchure du Guadalquivir ( il y a à peine une vingtaine de milles ) avant d’entamer la remontée jusqu’à Séville. Claude a exploré internet aujourd’hui sur la faisabilité, les ponts , les heures favorables avec la marée, etc.
De Puerto Sherry à Bonanza
Dimanche 19 sept.

Journée de départ pour Bonanza à l’embouchure du Guadalquivir, à 25 milles. Belle journée douce à début tranquille, épisode wifi à l’hôtel d’en-face pour prendre la météo, passage à la capitainerie pour régler les 2 nuits et rendre la prise de connexion spécifique pour l’alimentation électrique, on fait le plein d’eau. Quelques courses alimentaires.

A 12h 30 on sort du port avec une petite brise force 3 qui nous suivra toute la journée,



Le phare de Chipiona
sous voile vers le nord jusqu’au niveau du phare de Chipiona . A ce niveau, vers l’est, entrée dans un chenal long et étroit, très bien balisé, d’une largeur d’une centaine de mètres, mais avec des bords qui remontent en quelques mètres de 10 m de fond à 1 mètre. La limite franche des eaux calmes peu profondes et des turbulences du courant marque cette limite.

Des carcasses de navires en dehors du chenal témoignent du danger de la navigation dans ce secteur, par météo difficile.
On parcoure cette portion au portant, voiles en ciseaux, tangonnées, contre le courant, à 3 nœuds en moyenne . Claude à la table à carte avec le traceur, Philippe à la barre.
Dans le chenal à marée basse, le courant du fleuve nous ralentit, à l’approche de la zone portuaire de Bonanza, le courant est fort, le lit du fleuve est peu profond (2,5 m) on installe le mouillage.

La soirée est douce, coucher de soleil somptueux, des poissons qui sautent de tous côtés

( Philippe tente de pêcher, sans succès, ces poissons qui le narguent) on mange et discute dehors. Et les moustiques font leur apparition en force et nous obligent à un retrait stratégique à l’intérieur, dans le carré. Philippe et JP entament une partie d’échec.
On va surveiller « du coin de l’œil » toute la nuit, la tenue du mouillage pour détecter un éventuel
« dérapage » de l’ancre sur ces fonds limoneux.
Cette nuit et demain, probable pluie. On attendra alors peut-être un temps plus agréable pour jouir du spectacle de cette remontée du Guadalquivir sur 40 milles. A suivre. L’expérience à montré que les prévisions météo n’étaient pas toujours fiables.
Cette excursion vers Séville n’était pas prévue au programme, elle a été improvisée et proposée par Claude en raison de la marge de temps disponible pour gagner Madère. Et maintenant on l’attend avec impatience. On imagine que l’arrivée à Séville par le fleuve doit avoir quelque chose de magique et, avec un peu de lyrisme, évoquer le retour des galions, chargés d’or et d’épices, des Amériques.
Bonanza - Séville
Lundi 20 sept.

Effectivement vers 3h du matin le ciel étoilé s’assombrit, le vent se lève et une bonne averse rince le bateau. Au matin temps doux humide, ciel gris. Le bateau n’a pas bougé mais la résultante du courant, de la marée et du vent donne au bateau une position bizarre, tirant sur son ancre passée à l’arrière, et l’étrave contre le courant du fleuve. Le temps semble se découvrir : on lève l’ancre. Le fleuve est marron, limoneux. Largeur du Guadalquivir, environ 800 mètres.

La durée prévue de la remontée jusqu’à Séville est d’environ 8 heures, d’après les indications reçues. On part avec la marée montante et on marche à 6 nœuds en moyenne.

Philippe à la barre, Claude à la table à cartes !!!,

JP fait de la musique.
Au départ des berges arborées puis les berges sont basses, dans une grande plaine sans relief.


Véritable réserve naturelle, des cigognes, des canards et autres oiseaux non identifiés.

Des bateaux de pêche très spécifiques avec des filets en carré, tous sur le même modèle.

Il y a de nombreux bras du fleuve, les balises et la topographie sont cependant assez claires.

Le GPS nous donne la position exacte, mais la carte du Guadalquivir semble parfois approximative !! il est vrai que nous ne sommes plus en mer.
Vers 16h 30 on arrive à une bifurcation du Guadalquivir, les balises indiquent le chenal vers Séville, barré par un pont levant, fermé, pas de contact radio possible, personne aux alentours, pas de feux…. On essai l’autre bras du fleuve où on rencontre un petit yatch espagnol qui nous indique l’heure d’ouverture, qu’il attend.


A 17 h le pont se lève, mais 1km plus loin une écluse qui n’ouvre qu’à 21h.

On patiente en jouant aux échecs


on passe avec 2 autres bateaux dont le petit yatch qui nous a renseigné

et on arrive de nuit dans le port de Séville. L’accés à la marina est barrée par un pont levant qui n’ouvre qu’à 22h. Coup de stress : dans la nuit le pont se lève, le yatch passe rapidement, on le suit et au dernier moment on s'aperçoit dans la pénombre qu’un 2 ème pont accolé au 1er n’est pas ouvert (il n'ouvrira que 15 mn plus tard !!) : le yatch, très bas, est passé, notre mat beaucoup trop haut ne passe pas. Heureusement la marche arrière en catastrophe a été efficace !! Finalement, 20 mn plus tard on accoste à la marina où un marinier nous attend, pour nous indiquer la place mais aussi nous aider à l’amarrage, malgré l’heure… quelle classe et quel confort !!
Journée de navigation non prévue, atypique et inoubliable qui se termine par une sacrée frousse.
Enfin Séville !
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Petit matin radieux. Nous découvrons pour commencer la marina superbe, dans un parc de loisir, sanitaires parfaits, accueil très élégant, bois, cuivre, fauteuil.

Du ponton on aperçoit au loin la Giralda qui situe le centr ville. On s’enregistre. Et c’est parti pour redécouvrir Séville.


Nous sommes amarrés ( à droite) juste après le fameux "double pont" presqu’en face du grand parc « Maria-Louisa »

avec ses pavillons et ses sculptures.






Il suffit de traverser le pont et bien sûr passage obligé à la somptueuse Place d’Espagne avec son demi-cercle de fresques de céramique, très bien restaurées (lorsque nous y sommes passés avec Clo il y a quelques années, elles étaient très dégradées).

Petit rafraichissement de rigueur ( au bar Citroen), il fait 30°.
Et en route pour le centre ville où Claude tient à nous faire découvrir le meilleur bar à tapas de la ville, le «Rinconcillo ».



on passe devant l’ancienne manufacture des tabacs un des lieux du déroulement de l’opéra Carmen, Carmen la cigarière.


L'Hôtel de Ville

La place verdoyante et calme de "l'Incarnacion" en plein chanbardement

En se faufilant dans un dédale de petites rues on découvre le « Rinconcillio ».


Ambiance forte, tapas très bonnes comme attendu.
Déambulation dans la vieille ville.



On a tellement mangé de tapas qu'on a plus de sous: on a du mettre Philippe au travail!!
La visite de la cathédrale est remise à demain: fermeture dans 15mn.


On passe de la découverte de la vieille ville à la ville moderne en prenant un des bateaux touristiques qui traversent Séville sur le Guadalquivir. Les réalisations à l’occasion de l’Expo universelle de 1992.

Retour au bateau à 19h, ravis mais épuisés.
L'Alcazar de Séville
Mercredi 22 septembre
C’est la journée Alcazar, nous sommes partis du bateau en tout début d’après-midi pour les 4km à pied qui nous séparent du centre et du palais de l’Alcazar. Une merveille dont on ne se lasse pas c’est ma 5ème visite. En 2008 après avoir beaucoup lu sur les 7 siècles de l’Espagne arabo-musulmane je suis venu passer une journée entière et j’ai pris environ 600 photos de toutes les parties du palais, de tous les détails dont je voulais garder les images et les aspects qu’on ne trouve nulle part. Cette fois-ci je n’ai pris que quelques clichés .





Le « clou » est le « patio des demoiselles »,


une merveille de dentelles et d’équilibre des formes, des volumes et d’une teinte dorée, miel.


Avec son bassin-miroir, récemment reconstitué, des perspectives et des successions d’arcs polylobés et « outrepassés ».
La partie plus récente et les appartements construits par Charles-Quint n’ont évidemment pas ce charme mais donnent une vue sur les jardins de grand calme et
comportent une collection de superbes tapisseries avec ce détail qui m’a d’emblée évoqué un vers du « Bateau Ivre » : « où, flottaison blême et ravie, un noyé pensif parfois descend » .







L'eau est omniprésente: miroir, bruit et calme, rafraîchissement et luxe dans ce pays aride. Par les jardins et sous le palais, les reflets dans la citerne. L'eau est utilisée dans le palais comme dans les jardins comme miroir, avec toutes ses fonctions. Me revient la visite à Alep, en Syrie, du bimaristan Argun, hôpital psychiatrique du 14ème siècle, où le bruit des fontaines aurait été utilisé pour sa vertu apaisante sur les patients.
Nous avons été tous les 4 sous le charme de ce lieu. Je peux y revenir à l’infini
Giralda
23 sept. 10
La dépression prévue pour vendredi est arrivée 24h plus tôt : cette nuit, pluie, lever ce matin avec ciel couvert, pluie intermittente dans la journée. Cette dépression nous incitait à rester à Séville jusqu’à samedi. Nous pourrons donc partir demain vendredi en fin de journée car nous sommes dépendants des horaires d'ouverture des ponts et de l’écluse. Le premier pont proche de nous ouvre à 22h.

Dans la matinée nous hissons Philippe au niveau des barres de flèches pour vérifier le bon état du passage de hauban à ce niveau. Avant notre arrivée un voilier manoeuvrant trop rapidement dans la port de Tanger à endommagé une filière et tordu un ridoire babord, ce qui suppose un choc non négligeable.

Pour nous remettre, JP nous prépare pour le repas de midi des calamars « à la romaine ». on s’est régalé, mais le taux de cholestérol a dû monter d’un cran.
A 15h, Claude restant au bateau, nous partons pour la visite de la cathédrale, sous la pluie, le vent se lève en bourrasque temporairement, pas très chaud. Les K-way.

Grandiose édifice, la 3èm plus grande cathédrale du monde, d’après Claude, après St-Pierre de Rome et St-Paul de Londres.






La visite se poursuit logiquement par la montée à pied de la Giralda (pendant de la tour Hassan de Rabat et de la Kutubia de Marrakech), malheureusement le temps est couvert,


mais du haut nous apercevons les bateaux de la marina. Et nous prenons des nouvelles de Claude par VHF qui porte très bien ! Mécanisme d’horlogerie des cloches.

Toujours impressionné par ce mélange des architectures, gothiques, mudéjars, arabes qui se sont cotoyées, intriquées, influencées, tolérées et jamais détruites.


La cour des orangers arabo musulmane et le système de drainage au pied de la cathédrale gothique. Des saints apôtres entourant une porte mudejar en arc outrepassé.
Pour des renseignements plus détaillés cliquer sur:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Giralda

Au retour, un marchand ambulant de châtaignes grillées vient s’intégrer dans cette journée automnale pour compléter le tableau.
En principe nous partons demain en fin d'après-midi pour redescendre le Guadalquivir et entamer la traversée vers Madère. Donc plus de connexion internet pour une petite semaine.
Contretemps
Hier soir 21 h le bateau était prêt, l’avitaillement, le plein d’eau, les niveaux du moteur, les esprits déjà en route pour Madère. Le pont devait ouvrir à 22h.
Un marineiro du port arrive sur les pontons : un navire de commerce vient d’ endommager une porte de l’écluse qui se trouve hors d’usage pour un temps indéterminé !! impossible de partir.
Déception et incertitude sur la suite. Sans doute pour nous remonter le moral quelqu’un dit que la réparation ne pourra se faire avant au moins 1 semaine : le week-end est là, et la semaine prochaine grêve générale de plusieurs jours en Espagne !!!
Aujourd’hui à midi nouveau passage du marineiro : une porte de l’écluse est hors d’état , mais la marée monte jusqu’à Séville, en marée haute l’écluse restera ouverte et on aura quelques heurs pour passer.
Donc passage du pont d’à côté ce soir, puis mouillage d’attente avant l’écluse pour la nuit et demain matin passage avec la marée vers l’aval et le Guadalquivir.
A suivre …
Porto Santo
Le 25 septembre 19h 45

après un après-midi de marche dans le magnifique parc de Maria-Louisa, autour de la place d’Espagne, nous larguons les amarres du quai de la marina de Séville, le pont ouvre à 20h. départ

avec une certaine émotion de cette superbe escale,

à l’arrière la Giralda se profile sur le pont ouvrant et le Guadalquivir, l’obscurité vient doucement et après avoir traversé le port marchand nous arrivons à la marina d’attente à côté de l’écluse.
26 septembre
6h tout l’équipage est debout pour l’entrée dans l’écluse.


Une demi porte reste fermée, il s’agit probablement d’un problème électrique. La porte est ouverte manuellement pour les gros navires.

A 7h 40 nous prenons le Guadalquivir pour une redescente de jour par beau temps.

des arbres couverts d'oiseaux

toujours les pêcheurs

il n'y a pas que le bateau pour découvriri le Guadalquivir
A 16h nous quittons au moteur le long chenal de sortie en face de Bonanza et c’est la traversée vers Madère qui commence.

On nous avait conseillé après Tanger de remonter vers le nord le long des côtes d’Espagne avant de piquer vers Madère, pour naviguer avec des vents favorables et éviter les courants des côtes marocaines qui portent vers les Canaries. C’est ce que nous avons fait. A Porto Santo nous avons rencontré un équipage qui a suivi les côtes marocaines et s’est retrouvé trop au sud avec des vents contraires et a eu bien du mal à rejoindre Madère. Le conseil était judicieux. C’est cette route nord qui nous a donné l’occasion de l’escale à Séville.


Après une période de 12h de vents variables et obligation de tirer des bords, nous prenons un vent de travers ou largue qui ne nous quittera pas jusqu’à Porto-Santo. La 1ère et la 4ème nuit ont été un peu agitées. A minuit affalage de la grand voile et navigation sous génois seul à 6-7 nœuds, forte houle de travers-arrière qui nous secoue: nous avons passé la nuit dans un tambour de machine à laver !!
Les 5 journées de navigation occupées à diverses choses : d’abord dormir pour récupérer des heures de veille de nuit, lire, regarder la mer tout simplement,

la dorade coryphène, jaune d'or

une bonite
pêcher pour Philippe et JP ( 2 dorades coryphènes, 2 bonites, et dans les derniers milles avant l’arrivée un thon de 8kg), discuter,

JP nous a fait le premier pain de la traversée, excellent, mais aussi toute une cuisine variée, très importante pour la bonne forme et le moral de l’équipage. Les repas sont parfois sportifs, avec des vols planés d’assiette ou de verre de vin avec la houle.

Sensation assez agréable pendant 5 jours d’être coupés de tout, de n’avoir rien à l’horizon que le ciel et la mer toujours changeants. La première nuit beaucoup de cargos sur la route du détroit de Gibraltar, donc vigilance, après plus personne.
Vers 18h jeudi 30 sept nous sommes en vue de Porto Santo, nous passons la pointe sud vers 2Oh à la nuit. Juste avant,

la ligne de pêche de Philippe est partie rapidement : il ramène un thon estimée sur le port à 8kg, il occupe le cockpit, avec du sang un peu partout et une odeur forte. Entrée dans le port, ne voyant pas où aller dans l’obscurité nous mouillons pour la nuit dans le port, d’autres voiliers sont mouillés là (on verra au jour qu’ils sont eux sur bouées).
Vendredi 1er octobre
A 8h tous encore un peu endormis. On cogne sur la coque d’Elanaveva,

un employé de la capitainerie nous signale que nous sommes au mouillage au milieu du port à l’endroit de manœuvre de bateaux. Tout cela dans un français impeccable et avec une courtoisie et une gentillesse jamais rencontrées dans ce type de circonstances. Il nous signale que nous avons le temps de prendre notre café avant de manœuvrer !! on le revoie en prenant la place à la marina, il nous aide et nous donne des conseils. Dans la conversation on parle du thon dont on se sait trop que faire ici. On pensait le découper et le partager avec le bateau d’à côté:

c’est alors qu’il nous dit qu’il a aussi un restaurant et nous propose de l’emporter et que nous venions le manger dans son restaurant. Nous irons ce soir. Ça nous tire une épine du pied.
Dés l’arrivée, ambiance conviviale dans la marina, beaucoup de français et d’anglais autour de nous. Ambiance très différente des ports de plaisance français qu’on fréquente d’habitude chez nous. Ici tout le monde vient d’ailleurs et tout le monde s’intéresse à tout le monde, les anecdotes, les conseils, les trucs qui s’échangent. Des marins très divers qui font tous la même chose, ont le même esprit.
Dans la matinée douche très appréciée, rangement, ménage, vaisselle.

Claude invite son équipage à manger à midi au petit bar du port. Excellent plat du jour: canard au riz, bonne discussion, ambiance sympa. On apprécie aussi la stabilité de la table !!!
Après-midi où chacun s’occupe à son gré.

la marina

tout le long de la jetée, les équipages passagers ont laissé au fil des années leurs empreintes peintes


A 17h nous partons vers le centre ville, bien petit. Il y a 5000 habitants sur toute l’île. Porto-Santo fait 12 km sur 6 km, est située à 50km au nord-est de Madère. Je teste mes rudiments de portuguais pour demander le chemin, dans la superette locale,

ou au bar où Philippe nous fait goûter la « poncha » (punch local dont chaque bar a une recette propre) et où nous retrouvons l’équipage d’un anglais voisin. Souvent les gens baragouinent un peu de français, très pratique pour apprendre la traduction.
Retour au bateau pour 20h, le marineiro-restaurateur vient nous chercher ainsi que les 4 du bateau voisin et nous amène en minibus à son restaurant au nord de l’île à Camacha. Pain au beurre et à l’ail, crevettes, berniques et … notre thon (il paraît qu’il pesait 10kg, ce qui a fait très plaisir à Philippe) et « vinho verde », petit vin blanc frais, léger (8°), légèrement pétillant, très bon.
Et le minibus nous ramène aux bateaux. Soirée douce, sans vent, les amateurs fument un bon cigare dans le cockpit, discussion animée entre Claude et JP sur la technique du spi. Très bonne journée.




la route
Quelques vues de Porto Santo
Porto Santo - Madère
Ce matin après une petite pluie vers 6-7 heures, beau temps, vent faible.
Nous appareillons pour Madère après une dernière séance wifi
Quinta do Lordo
Matinée de préparation au départ : derniers contacts internet à la wifi de la capitainerie, formalités de sortie et règlement des places du port : 15 euros la nuit (en moyenne 25 à 30 dans les marinas françaises), le plein d’eau, etc.
des équipages marquent le mur de tags de leur passage, parfois de vrais talents de dessinateur.
A 12h 30 on largue les amarres et cap sur l’extrémité est de Madère, où se trouve la marina, récente, de Quinta do Lordo, où le RIDS a pris ses habitudes. Cap au 220 pour une trentaine de milles au grand largue. La houle toujours là qui nous bouge un peu.
Du trafic : voiliers, chalutiers, petits avions qui relient Porto Santo à Madère.
Madère très bien visible de Porto Santo hier par temps clair, est cachée par une brume et s’apparaît qu’à mi-route. Une côte découpée superbe.
18h 30 après une traversée sans histoire, contact avec le port à la VHF qui nous envoie un pilote sur zodiac bien à l’extérieur du port : conseils pour les aussières, le parebattage, il nous précède et nous attend au quai pour nous amarrer sur des catway. Service impeccable, amabilité. Premières formalités, puis soirée à bord.
C’est le vrai début du Rallye. Après des mois et des mois de projets, d’attente, d’imaginations, d’impression que cela n’arrivera jamais, de stress voire d’angoisse de partir pour aussi longtemps pour une vie dans un espace restreint, en petit comité, nous voilà au point de départ !
Fête nationale portuguaise
Aujourd'hui c'est la fête nationale. tout est fermé. les courses nécessaires pour le bateau sont remises à demain, aujourd'hui c'est l'atterrissage et quartier libre. on a fait connaissance avec le seul lieu commercial du port: le bar, (Funchal et la vie urbaine est à 30km , Quinta do Lordo est une marina récente autour de laquelle se construit de toute pièce tout un village, y compris l'église, le tout encore non habité)
et à peine arrivé Philippe est passé sur le billard...
le capitaine réfléchit...
et nous avons rencontré une vieille anglaise très charmante et très distinguée.
L'après-midi chacun s'occupe, je pars marcher sur les sentiers qui mènent au bout de la presqu'île.
Sentier de rochers et de cailloux, marche de 3 heures difficile mais un paysage extraordinaire, des rochers veinés de couleurs, sur un fond de mer, parfois à couper le souffle, des consignes constantes de préservation de la nature, de la flore, des informations disséminées sur les fleurs. parcours jusqu'à un refuge qui sert également de petit musée floral en plein air. 
la marina dans son environnement
des paysages dignes des plus belles côtes bretonnes ou corses

une partie du chemin de randonnée
la presqu'île, au milieu le refuge, terminus de la randonnée, au fond à gauche le phare que nous avons contourné en arrivant, à droite au fond, le "Ilias Desertas" situées au sud-est de Madère.
le refuge

on imagine la luxuriance de la flore au printemps avec ce climat constamment tempéré, humide, ensoleillé.
les Ilhas Desertas au coucher du soleil, à 10 milles de Madère
un beau mouillage
Retour à la tombée du jour, fourbu mais ravi.
Funchal
à 10 h on nous amène au port une voiture de location pour 24h; Option retenue qui nous permet d'aller à Funchal, capitale de Madère
pour des courses de matériel d'un shipchandler à l'autre: palan de hale-bas cassé, un ridoir tordu par la manoeuvre d'un autre bateau, du tuyau pour la pompe de douche et de cale, etc. etc. (Celui-ci parle très bien le français ce qui aide bien pour les termes techniques)
On profite du coffre pour les courses au supermarché.
Temps à la pluie abondante en fin de journée, des nuages qui trainent sur les sommets. quelques éclaircies pendant la déambulation en ville. La météo ne s'annonce pas très bonne pour les jours à venir, vents très forts prévus pour vendredi. Mais il y a beaucoup de choses à faire sur le bateau. A partir de la semaine prochaine nous devons être disponibles ici pour les vérifications des bateaux par les organisateurs du RIDS. Ils ont des exigences en matière d'équipement de sécurité très strictes qui conditionnent le départ ( il nous manquait 2 jerricans de 20l pour l'eau, un feu d'annexe, etc. Pas moyen de trouver un feu d'annexe ici)
Impossible de trouver ici un ridoir que Claude va tenter de faire venir de France avant le départ, et qu'il faudra installer.
La route pour Funchal (30km) par autoroute qui traverse la montagne par des tunnels successifs, ininterrompus sur 30km, on se croirait sur l'autoroute entre Menton et Gênes. Toute la côte sud est construite, active, port marchand, etc. la côte nord en falaises, plus sauvage.
Funchal est une ville toute en pente vers la mer, vers son port, active, ambiance agréable. beaucoup de batiments en pierre de lave noire, entourant du crépi blanc: bel effet.
Funchal
7 octobre
Restitution de la voiture à 11h. Journée à Quinta do Lordo. Journée bateau, reprise des amarres qui ont beaucoup grincé dans la nuit, vérification par JP des pompes de douche et de cale ( la pompe de cale du carré trop faible ne pompe pas), vérification de mise en place du gréement de spi, mise en place par Philippe du palan de hale-bas, etc. le bateau c'est aussi au quotidien le nettoyage, la lessive, la cuisine, la vaiselle, etc
8 octobre
10h 20 départ pour Funchal en bus de l’arrêt sur la route (2,8 €). Claude reste au bateau.



vues derrière les vitres du car
Toutes les villes et villages de la côte jusqu’à Funchal, arrêts à chaque coin de route. Beau temps, 1h30 de trajet pour 35km. Arrivée 11h 50 à la gare routière terminus. Au SI derrière la forteresse. Une hôtesse parle français, très aimable bien que répétant la même chose mille fois par jour, nous donne un plan et indique le principales choses à voir et les lignes de bus.



Aujourd’hui on choisit le téléphérique jusqu’à Monte, un des points les plus hauts de l’agglomération de Funchal toute en pente à flanc de montagne. Beau point de vue.
En montant pas de charme particulier à la ville survolée, mais on voit toutes les maisons et propriétés et chaque coin de terrain est utilisé pour de la culture, surtout des bananiers.
Visite de l’église Notre Dame de Monte (sans grand charme), connue aussi pour abriter le tombeau du dernier empereur austro-hongrois Charles 1er d’Autriche décédé ici en exil (que je ne connaissais même pas).
Le jardin exotique et son point de vue:

un jardin oriental
tout un mur d'azulejos

un musée des minéraux et pierres précieuses
un musée d'art africain

des bassins

des poissons
et des fleurs
A ce niveau visite du très beau jardin exotique luxuriant, beaucoup de fougères arborescentes, des fleurs, une impression de tableau du Douanier Rousseau, à voir et à y trainer.

Puis descente en toboggan d’osier, sur les 2 km du trajet, à certains moments quand même
impressionnante, surtout lorsqu’on arrive dans la descente à un stop non marqué et qu’un camion surgit sur la droite !! le chauffeur doit avoir l’habitude : c’est lui qui s’est arrêté. Puis en bus jusqu’au centre. Il y a un travail de l’osier traditionnel sur Madère et des sièges d’osier étaient utilisés pour descendre de Monte jusqu’au bord de mer( voir citation du guide ci-dessous).
Un tour au marché aux fruits et légumes, très fourni, très coloré, avec de fruits excellents que l’on goûte : raisins et bananes de Madère entre autre. JP va voir pour une pompe de cale pour le bateau mais ne trouve pas ce qu’il nous faut. Attente du bus de la SAM sur le front de mer. Il a fait très beau, 18h 25, arrivée à 19h 50, du vent +++. A Quinta do Lordo il a plu beaucoup. Confirmation de la météo très particulière sur Madère, changeante très rapidement et très différente d’un endroit à l’autre au même moment. En revenant on voyait des endroits où la mer était blanche d’écume et un peu plus loin parfaitement calme. De toute façon mer plate alors qu’au même moment des creux de plusieurs mètres sur la côte nord de l’île, au vent. Des vents catabatiques. Météo annoncée comme perturbée pour plusieurs jours. Prévus 40 nœuds de vent mercredi. A suivre…
« Descente en toboggan
Au début du XIXè siècle, les célèbres toboggans d’osier de Madère servaient à transporter des marchandises sur les 5 km vertigineux qui séparent Monte de Funchal. Un marchant anglais de Monte, las de parcourir le trajet escarpé tous les jours, aurait alors eu l’idée d’utiliser les mêmes toboggans pour le transport des personnes. Un siège en osier fut fixé sur le traineau rudimentaire, et c’est ainsi que naquit le carro de cesto (voiture-panier).Dans chaque carro, s’embarquent deux carreiros, dûment coiffés d’un chapeau de paille, qui poussent pour démarrer puis dévalent la pente jusqu’à ce qu’il faille à nouveau pousser, tirer ou freiner, en fonction de la vitesse désirée et de la circulation en vue . Ils s’arrêtent en utilisant les semelles en caoutchouc de leurs bottes. L’actuelle descente en toboggan n’est que le pâle reflet de cette tradition périlleuse. »
São Vicente côte nord
9 octobre
A Quinta do Lordo. L’après-midi marche à pied de 2 heures jusqu’au « miradouro », côté nord de la presqu’île de São Lourenço.
Mer agitée, blanche contre les falaises rouges. Superbe spectacle.
au passage un numéro d'équilibriste
10 octobre
A 10h 30 Philippe fait les papiers de location pour une Clio blanche. On part de suite pour un tour à l’ouest de l’île.
Via rapida jusqu’à Ribeira Brava et bifurcation dans la montagne, droit au nord vers São Vicente.

Route encaissée, on longe le lit d’une rivière qui doit se transformer en torrent lors des grosses pluies. En 2009 les informations avaient montré des pluies torrentielles emportant voitures, ponts et maisons. On a vu là les restes de cette catastrophe. La route de traversée vers le nord est plus rapide qu’attendu


et on arrive vite sur le versant nord avec la mer agitée,

des rouleaux pour surfeurs, s’il n’y avait pas des rochers un peu partout.
Des boutiques d’articles pour touristes avec surtout des pulls en laine (on en avait acheté il y a quelques années au Portugal) et des broderies de fabrication locale, un vendeur baratineur et sympathique.
Philippe s'amuse à jouer le clown de service.
On visite le petit village charmant de São Vicente aux murs blancs et avec
une église très simple à l’extérieur et assez belle à l’intérieur
mêlant harmonieusement dorures, peintures, azulejos, sans impression de surcharge.
Après une pause déjeuner, on suit la route du bord de mer vers l’ouest, petits villages de Seixal, et Porto Moniz, l’ancienne route étroite de l’extrême bord de mer est souvent coupée, pour cause d’effondrement de la route et chutes de pierre, remplacée par des contournements modernes, avec tunnels. Cependant on emprunte une portions restée ouverte mais avec des panneaux d’avertissement. Il y a des pierres partout au sol, des écoulements d’eau d’infiltration et une bonne douche d’une chute d’eau. On effectue cette portion avec appréhension certaine.

A Seixal, une « piscine naturelle » formée par les rochers

avec des jeux de vagues déchainées et d’écume. A Porto Moniz plus touristique, encore des piscines naturelles,

un aquarium où on peut voir des raies et des requins.
De là, la route monte raide en lacets pour continuer en hauteur le tour ouest de l’île. Dès que l’on monte on est rapidement dans les nuages, un brouillard dense sur une petite route en virages incessants, difficile.
Philippe qui conduit à la chance de suivre tout le long une voiture qui lui ouvre la route. Redescente vers la côte, en dessous du niveau des nuages et même avec du soleil à Funchal. De retour à Quinta do Lordo, le vent se renforce et la pluie arrive. Temps instable et très variable d’un point à un autre de l’île. Cette ballade a confirmé le contraste entre la côte sud avec Funchal, plus abritée et le vent sur les falaises et la mer agitée de la côte nord. Il a fait 25° aujourd’hui.
Funchal - Couvent Santa Clara
Lundi 11
départ dans la matinée en voiture pour Funchal. Claude et Philippe partent à Monte par le téléphérique pour l'église Notre-Dame-de-Monte, le jardin exotique et une descente en panier d'osier.
Pendant ce temps JP m'accompagne à la visite du couvent de Santa Clara, à l'ouest de Fuchal, ouverture à 15 heures de même que l'église Saint-Pierre, située à proximité.
une superposition curieuse

église Saint-Pierre, avec ses murs revêtus de carreaux géométriques qui donnent une grande fraîcheur et luminosité. Les voûtes en bois peint polychrome
en attendant l'ouverture nous prenons un café au "Prince Charles" la patronne a travaillé des années en région parisienne et est très fière de nous en parler en français. Elle nous apprend que le café se dit "bica" aussi bien que "café".(Je pensais que c'était une appellation spécifique à Lisbonne)
et nous allons tirer la sonnette en cuivre du couvent Santa Clara. il y a une visite pour quelques personnes, avec un commentaire en plusieurs langues, et une visite assez libre, Photos possibles. La guide ressemble à une religieuse dans le monde.

on pénètre dans un cloître dont le centre est planté de rosiers, à l'entrée un retable en bois peint par la première abbesse, petite fille de Zarco, découvreur (officiel) de l'archipel de Madère en 1418.


Le clocher du 17ème siècle


Le cloître aux rosiers

une chapelle expose un tableau d'une vierge noire des Canaries

un superbe plafond en bois peint


des murs d'azulejos

l'église du couvent a les murs entièrement recouverts de superbes azuléjos polychromes et aux décors géométriques, parfois arabisants

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toujours plafonds en bois peint polychrome

le mur séparant l'église de la cloture avec sa grille, munie d'une ouverture pour la communion

azulejos bleu représentant Santa Clara. avant la visite je pensais trouver de nombreux azuléjos de couleur bleu et figurant des personnages ou des scènes, comme ceux vus dans le jardin exotique. en fait rares panneaux figuratifs, surtout des murs de carreaux polychromes.

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les stalles pour le moniales, des clarisses. Actuellement le couvent est occupé par des soeurs franciscaines sécularisées qui s'occupent d'enfants.


la stalle de la mère abbesse était marquée par une figure couronnée

Retour au centre-ville pour la visite de "la Sé", la cathédrale, Avec son aspect si particulier noir et blanc.

incluse dans le centre-ville grouillant, animé


toujours des plafonds de bois peints.

et quelques beaux azulejos


retour dans le quartier des marchés pour quelques courses alimentaires

avant de retrouver nos 2 compères pour la route du retour.


































































































